Attentat terroriste à Trappes et à La Verrière : ce que l'on sait, et les droits que les règles françaises accordent aux victimes et à leurs proches, quelle que soit leur nationalité
Le 23 octobre, un homme a tiré sur des personnes dans les Yvelines, et le parquet traite l'affaire comme un acte de terrorisme à motif raciste. Qui appeler, qui prend en charge les soins, comment fonctionne le fonds d'indemnisation FGTI, et comment signaler une incitation à la haine.

Ce qui s'est passé
Vers 10 h 30 le vendredi 23 octobre, un homme a ouvert le feu depuis une voiture à Trappes et à La Verrière (Yvelines, à l'ouest de Paris). Une personne a été tuée et cinq ont été blessées, dont une fillette de 12 ans, selon le parquet national antiterroriste (Pnat). La préfecture des Yvelines a averti que le bilan n'est pas définitif : dans les premiers jours qui suivent de tels événements, les chiffres évoluent. Un suspect âgé de 39 ans a été arrêté à Coignières, à proximité.
Le Pnat s'est saisi de l'affaire. Les infractions visées par l'enquête comprennent un meurtre en relation avec une entreprise terroriste, aggravé par un motif raciste. Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a parlé d'un crime terroriste. Emmanuel Macron, qui s'est rendu sur place dans la soirée, a qualifié les faits d'« attentat terroriste raciste » et a déclaré qu'il marquait un « tournant », car, selon ses mots, il s'agissait du premier acte terroriste planifié de ce type.
Ce que les lecteurs doivent savoir : dans les informations disponibles vendredi soir, aucune nouvelle mesure de sécurité ni aucune nouvelle règle pour les habitants n'avait été annoncée. Le maire de Trappes a annoncé une cellule de soutien psychologique. L'enquête se poursuit, et le parquet communiquera d'autres précisions sur le motif.
Beaucoup de nos lecteurs ont un parcours d'immigration, et une telle actualité est effrayante. Ci-dessous figure ce que les règles françaises prévoient pour les victimes, les témoins et leurs proches. Ces droits s'appliquent après tout attentat terroriste, pas seulement celui-ci.
Si vous avez été blessé ou si vous étiez à proximité
Le 116 006 est le numéro d'aide national pour les victimes d'infractions. Les appels sont gratuits, et la ligne est ouverte tous les jours de 9 h 00 à 20 h 00. Depuis l'extérieur de la France métropolitaine ou depuis l'étranger, appelez le +33 1 80 52 33 76, ou écrivez à victimes@116006.fr. Le service est aussi accessible aux personnes sourdes et malentendantes. Il peut orienter vers une association locale d'aide aux victimes.
Soins. Selon service-public, les soins médicaux et le suivi psychiatrique liés à un attentat terroriste sont pris en charge intégralement, sans avance de frais. Pour les proches, les consultations psychiatriques gratuites et les médicaments prescrits nécessitent une attestation du service dédié aux victimes d'attentats de la caisse d'assurance maladie.
Certificat médical. Lors du premier rendez-vous, le médecin doit remettre un certificat médical décrivant le préjudice subi. C'est la pièce essentielle, à la fois pour l'indemnisation et pour une plainte pénale, il faut donc le conserver.
Plainte pénale (plainte). Il n'est pas obligatoire d'en déposer une, mais c'est une preuve utile pour l'indemnisation.
Sans nouvelles d'un proche. Après un attentat, le gouvernement ouvre une cellule de crise (cellule de crise). Son numéro est diffusé à la radio, à la télévision et sur les réseaux sociaux.
Indemnisation : le FGTI
Les dommages causés par le terrorisme sont indemnisés par le fonds de garantie de l'État FGTI (Fonds de garantie des victimes des actes de terrorisme et d'autres infractions). Le point essentiel pour les résidents étrangers est le suivant : si l'attentat a eu lieu en France, une victime peut être indemnisée quelle que soit sa nationalité, et les proches peuvent faire une demande quelle que soit la nationalité de la personne décédée.
Voici comment fonctionne la procédure, selon service-public :
- la demande est envoyée en ligne ou par voie postale directement au FGTI, avec une pièce d'identité, les preuves des blessures, une copie de la plainte ou de la déposition de témoin, et un RIB (coordonnées bancaires) ;
- une fois la demande acceptée comme recevable, le fonds verse une avance (provision) dans un délai d'un mois, et d'autres avances peuvent suivre ;
- une fois l'état de santé de la victime stabilisé (consolidation), le fonds doit faire une offre d'indemnisation dans un délai de 3 mois à compter de la réception du dossier complet ;
- les demandes peuvent être présentées jusqu'à 10 ans après la consolidation (pour une victime blessée) ou après le décès (pour les proches). S'il y a eu un procès pénal, le délai est d'un an après que le jugement est devenu définitif ;
- les litiges avec le fonds relèvent d'un juge spécialisé, le JIVAT, au tribunal judiciaire de Paris, où l'avocat est obligatoire.
Pour payer un avocat, une victime du terrorisme a droit à l'aide juridictionnelle quelle que soit sa situation de revenus. La demande est adressée au bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Paris.
Si vous voyez une incitation à la haine
L'incitation publique à la haine, à la violence ou à la discrimination en raison de la nationalité, de l'origine ethnique ou de la religion est une infraction en France, y compris sur les réseaux sociaux.
- Les contenus en ligne peuvent être signalés à la plateforme PHAROS (internet-signalement.gouv.fr) et à la plateforme qui les héberge. PHAROS ne traite pas les urgences.
- Si une personne est en danger immédiat, appelez le 17 (police), le 15 (ambulance) ou le 18 (pompiers).
- Les plaintes peuvent être déposées dans un commissariat ou une gendarmerie. Apportez des captures d'écran, des vidéos et des témoignages.
- Une association de lutte contre le racisme enregistrée depuis plus de cinq ans peut, avec l'accord de la victime, se constituer partie civile à la place de celle-ci.
Il s'agit d'informations générales tirées de pages officielles, et non d'un conseil juridique. Pour une situation précise, le 116 006, une association d'aide aux victimes ou un avocat peuvent aider.
Fiscly est un outil pédagogique pour vous aider à comprendre le système fiscal français. Il ne remplace pas les conseils d'un professionnel. Les situations fiscales sont individuelles — vérifiez toujours sur impots.gouv.fr ou auprès d'un expert-comptable pour votre cas particulier.