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mis à jour le 31 octobre 2026protestsPariscourtsrightsprefecture

Le Conseil d'État donne raison à la préfecture : la manifestation parisienne du 31 octobre suivra les boulevards des Maréchaux, et non de la Bastille à la Nation. Comment contester d'urgence une décision administrative en France — le référé en 48 heures

La plus haute juridiction administrative de France a annulé la décision du tribunal de première instance et approuvé l'itinéraire fixé par la préfecture de police. Voici les procédures d'urgence (référés) que tout résident en France peut utiliser contre une décision administrative, leur durée et la manière de saisir le juge.

Le Conseil d'État donne raison à la préfecture : la manifestation parisienne du 31 octobre suivra les boulevards des Maréchaux, et non de la Bastille à la Nation. Comment contester d'urgence une décision administrative en France — le référé en 48 heures

Ce qui s'est passé

Dans la matinée du samedi 31 octobre, le Conseil d'État — la plus haute juridiction administrative de France — s'est prononcé sur l'itinéraire de la principale manifestation parisienne de la journée. Il a donné raison à la préfecture de police : la manifestation doit emprunter les boulevards des Maréchaux entre la Porte de Bagnolet et la Porte de Charenton, et non aller de la place de la Bastille à la Nation comme l'avaient demandé les organisateurs.

La veille, la situation semblait différente. La préfecture avait interdit l'itinéraire Bastille–Nation, les organisateurs avaient contesté l'interdiction, et le tribunal administratif de Paris avait autorisé leur itinéraire. Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a fait appel de cette décision. Le Conseil d'État l'a écartée, estimant que l'interdiction de l'itinéraire initial et son remplacement par un autre étaient nécessaires et proportionnés à l'objectif de réduire le risque de violences autour de l'événement. La préfecture a appelé les manifestants à utiliser l'itinéraire approuvé.

Si vous vous déplacez dans Paris aujourd'hui, consultez le site ou l'application de la RATP avant de partir : lors des grandes journées de manifestation, la situation sur les lignes évolue au cours de la journée.

Notre article du matin expliquait comment les manifestations sont déclarées et interdites en France. Celui-ci porte sur autre chose : le mécanisme utilisé par les deux parties n'est pas réservé aux syndicats et aux ministres.

Le juge des référés est ouvert à tout résident

En France, les décisions administratives sont contestées devant les juridictions administratives. Une procédure ordinaire peut durer longtemps ; il existe donc des procédures d'urgence appelées référés. Toute personne concernée par une décision peut en saisir le juge ; la nationalité n'a pas d'importance. Voici les trois principales, d'après les pages de service-public.gouv.fr.

Référé-liberté : lorsqu'une liberté fondamentale est en jeu

L'article L521-2 du Code de justice administrative permet au juge des référés d'ordonner toute mesure nécessaire à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une administration, ou un organisme chargé d'un service public, a porté une atteinte grave et manifestement illégale. Quatre conditions doivent être réunies : l'urgence, une liberté fondamentale touchée, une atteinte grave et manifestement illégale, et qu'elle émane d'un tel organisme.

Service-public cite la liberté de réunion, la liberté d'aller et venir, la liberté d'expression, le droit de propriété et le droit au respect de la vie familiale — avec l'exemple de l'éloignement d'un étranger. L'urgence y est appréciée plus strictement que pour les autres référés.

  • Le juge statue dans un délai de 48 heures.
  • Le juge peut, par exemple, ordonner la fourniture d'un hébergement sous 24 heures ou la restitution d'un passeport — deux exemples donnés par service-public.
  • Un rejet peut faire l'objet d'un appel devant le Conseil d'État dans un délai de 15 jours, qui statue dans un délai de 48 heures.

Référé-suspension : mettre une décision en attente

Cette procédure suspend une décision jusqu'à ce que le tribunal se prononce sur le fond. Les conditions sont l'urgence et un doute sérieux sur la légalité de la décision. Il faut aussi déposer en même temps une requête principale en annulation de la décision ; sans elle, le référé-suspension n'est pas recevable.

L'un des exemples de service-public concerne directement les étrangers : lorsqu'un titre de séjour est refusé assorti d'une OQTF, le juge peut ordonner la délivrance d'une autorisation provisoire de séjour. La décision intervient entre 48 heures et un mois après l'audience. Elle ne peut être contestée que par un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État dans un délai de 15 jours, où la représentation par un avocat aux Conseils (avocat au Conseil d'État et à la Cour de cassation) est obligatoire.

Référé « mesures utiles » : avant toute décision

Appelé aussi référé conservatoire. Il permet de demander au juge d'ordonner à l'administration de faire quelque chose avant qu'aucune décision n'ait été prise — par exemple, de remettre un document nécessaire à votre propre défense. Il ne peut pas servir à bloquer une décision déjà prise. La décision intervient de quelques jours à un mois après l'audience ; il n'y a pas d'appel ordinaire, seulement un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État dans un délai de 15 jours.

Comment saisir le juge

La requête est adressée au juge des référés du tribunal administratif compétent pour le litige. Elle indique vos nom et adresse, ce que vous demandez, un exposé précis des faits et les arguments en faveur de l'urgence. Sans avocat, il existe trois manières de la déposer :

  • en ligne via Télérecours citoyens, en cochant « référé » ;
  • au greffe du tribunal, sous enveloppe portant la mention « référé » ;
  • par lettre recommandée avec accusé de réception (RAR) adressée au greffe, avec la même mention.

La procédure elle-même est gratuite. Un avocat n'est pas obligatoire devant le tribunal administratif, mais service-public recommande un spécialiste en droit public. Selon vos revenus, vous pouvez demander l'aide juridictionnelle, une aide juridique financée par l'État. Une Maison de justice et du droit peut vous aider gratuitement à vous orienter.

Erreurs courantes

  • Choisir la mauvaise procédure. Le référé-liberté ne convient pas à tous les griefs contre l'administration : il exige une liberté fondamentale et une illégalité manifeste.
  • Déposer un référé-suspension sans requête principale. Sans elle, la demande n'est pas examinée.
  • Laisser passer les délais. Une ordonnance peut être contestée dans un délai de 15 jours ; les voies et délais sont indiqués dans la notification de la décision.

Quelle procédure convient à une situation particulière est une question pour un avocat, pas pour un blog : nous décrivons seulement ce que prévoient les règles.

Fiscly est un outil pédagogique pour vous aider à comprendre le système fiscal français. Il ne remplace pas les conseils d'un professionnel. Les situations fiscales sont individuelles — vérifiez toujours sur impots.gouv.fr ou auprès d'un expert-comptable pour votre cas particulier.

Le Conseil d'État donne raison à la préfecture : la manifestation parisienne du 31 octobre suivra les boulevards des Maréchaux, et non de la Bastille à la Nation. Comment contester d'urgence une décision administrative en France — le référé en 48 heures