Samedi 24 octobre : Marseille arrête métro, tramway et bus, et le couvre-feu concerne désormais aussi les adultes. Ce que disent les règles sur le travail quand il n'y a pas de transports
Le préfet des Bouches-du-Rhône a interdit toutes les manifestations le 24 octobre, arrêté les transports en commun dans toute l'agglomération marseillaise pour une journée et étendu le couvre-feu aux adultes. À Paris, le couvre-feu autour des Halles et de la République court jusqu'à lundi matin. Que faire si l'on ne peut pas se rendre au travail.

⚠️ Mise à jour, 23 octobre : cette décision a été ANNULÉE. La préfecture des Bouches-du-Rhône a renoncé à l'arrêt du métro, du tramway et des bus : samedi, les transports circulent, avec un service adapté au fil de la journée. L'interdiction des manifestations et le couvre-feu dans une partie du centre restent en vigueur. Ce qui a changé figure dans le nouvel article : Marseille, samedi 24 octobre : les transports seront finalement maintenus. Le texte ci-dessous est laissé tel qu'il a été écrit le 22 octobre.
Ce qui a été annoncé
Le jeudi 22 octobre, le préfet des Bouches-du-Rhône, Jacques Witkowski, a présenté les mesures prévues pour le week-end à venir. France 3 Provence-Alpes-Côte d'Azur les a rapportées, en citant un communiqué de la préfecture. Le site de la préfecture, bouches-du-rhone.gouv.fr, était en maintenance pendant la préparation de cet article ; nous n'avons donc pas vu le texte de la décision elle-même.
Manifestations. Le samedi 24 octobre, toutes les manifestations sont interdites dans le département — déclarées ou non, quelle qu'en soit la cause. Le préfet a invoqué des raisons de sécurité, ainsi que la nécessité de garder les forces de police disponibles.
Transports. De 05 h 00 le samedi à 05 h 00 le dimanche, le métro, le tramway et les bus ne circuleront nulle part dans l'agglomération marseillaise. L'arrêt concerne aussi les lignes desservant les zones commerciales en périphérie — Plan-de-Campagne, Vitrolles, Aubagne, Miramas — ainsi que les liaisons interurbaines Aix-en-Provence–Marseille, Aix–Salon-de-Provence et Marseille–Salon, dans les deux sens.
Couvre-feu. Les nuits du samedi au dimanche et du dimanche au lundi, de 23 h 00 à 05 h 00, le couvre-feu ne vise plus seulement les mineurs : il s'applique à tout le monde. Les zones sont les secteurs déjà concernés de Marseille, d'Aubagne et de Plan-de-Campagne ; à Marseille, elles incluent désormais aussi des bâtiments publics : l'hôtel de ville, la préfecture et le palais de justice.
Paris. La préfecture de police de Paris a prolongé le couvre-feu nocturne dans les périmètres de la place de la République et des Halles : chaque nuit de 23 h 00 à 06 h 00, pour les adultes comme pour les mineurs, jusqu'au lundi matin 26 octobre (selon franceinfo). Notre article du 21 octobre indiquait que le couvre-feu parisien avait pris fin ; il est de nouveau en vigueur.
Les limites exactes sont fixées par des cartes jointes aux arrêtés des préfets. Avant de se rendre dans le centre en soirée, il convient de consulter les canaux de la préfecture de son propre département.
Si l'on ne peut pas se rendre au travail
Une journée entière sans métro ni bus pose avant tout la question de savoir comment rejoindre son poste. Service-public n'a pas de page consacrée spécifiquement à des transports arrêtés par les autorités. La plus proche est sa page sur les grèves dans les transports (F21019, consultée le 9 octobre 2026). Elle ne traite que des grèves et ne dit pas si la même approche vaut pour un arrêt ordonné par un préfet. Les démarches qu'elle décrit méritent néanmoins d'être connues :
- Prévenir l'employeur par tout moyen — un appel ou un SMS. Selon la page, il n'y a pas de sanction si le salarié a averti de son retard ou de son absence et peut démontrer qu'il n'a pas pu venir. À titre d'exemple de preuve, la page cite une attestation de l'entreprise de transport.
- Rémunération. Le temps manqué n'est en règle générale pas payé, et toute retenue doit être strictement proportionnelle : 20 minutes de retard, 20 minutes retenues. Une convention collective peut être plus favorable.
- Télétravail uniquement d'un commun accord. L'employeur ne peut pas l'imposer et n'est pas tenu d'accepter une demande en ce sens.
- Autres possibilités, également d'un commun accord : un jour de congé payé, un jour de RTT ou de repos compensateur, un congé sans solde, ou un rattrapage des heures un autre jour de la semaine.
- L'employeur peut aider sans y être obligé : navette, covoiturage, prise en charge d'un autre moyen de transport ou d'un hébergement à proximité.
À retenir en pratique pour samedi : si l'on doit travailler le 24, il vaut mieux régler les choses à l'avance avec l'employeur, le vendredi, plutôt que le matin de l'arrêt.
Contexte
Cela fait suite aux événements du 17 octobre, lors desquels des commerces et des bâtiments publics de Marseille ont été pillés et endommagés ; France 3 relie l'ajout de l'hôtel de ville, de la préfecture et du palais de justice à la zone du couvre-feu aux dégâts subis par certains de ces sites. À Marseille comme à Paris, il s'agit de décisions préfectorales pour leur propre territoire, de sorte que les règles pour une même journée peuvent différer fortement d'un département à l'autre. Mieux vaut se fier à sa propre préfecture qu'aux titres de l'actualité nationale.
Aucune prolongation au-delà de lundi n'a été annoncée jusqu'à présent.
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