Téléphone en main au volant : les préfets de toute la France appelés à suspendre les permis, sans passer par un juge
Le 29 septembre, le ministère de l'Intérieur a demandé à tous les préfets de recourir à la suspension administrative du permis contre les conducteurs tenant un téléphone en main. Fonctionnement de la procédure, différences avec l'amende et suites.

Le 29 septembre 2026, le ministère de l'Intérieur a adressé à tous les préfets une instruction demandant aux préfets d'utiliser un pouvoir que le Code de la route leur confère déjà : la suspension administrative du permis de conduire pour les personnes qui conduisent avec un téléphone en main. Service-public.gouv.fr l'a annoncé le 8 octobre. Une vingtaine de départements appliquaient déjà cette mesure, dont les Landes, le Lot-et-Garonne, le Pas-de-Calais, la Charente-Maritime et l'Yonne. Elle peut désormais s'appliquer partout.
Ce qui existait déjà, et ce qui change
Tenir un téléphone en main en conduisant (article R412-6-1 du Code de la route) entraîne toujours :
- une amende forfaitaire de 135 € (amende forfaitaire) ;
- un retrait de 3 points sur le permis ;
- une éventuelle suspension du permis prononcée par un tribunal.
La règle n'a pas changé. C'est la pratique qui évolue : un préfet peut suspendre le permis directement, sans attendre une décision de justice, pour une durée pouvant aller jusqu'à 6 mois. Selon l'actualité de service-public, il n'est pas nécessaire d'en être à sa deuxième infraction (aucune récidive n'est exigée). Il n'est pas nécessaire non plus de commettre en même temps un excès de vitesse ou une autre infraction. Le simple fait de tenir le téléphone suffit.
Fonctionnement
Ce point prête facilement à confusion ; voici donc la procédure étape par étape, d'après deux pages officielles.
- Le permis n'est généralement pas retiré au bord de la route. L'actualité du 8 octobre indique clairement que les policiers ou les gendarmes ne confisquent pas le permis lors du contrôle. C'est le préfet qui décide de la suspension et la notifie au conducteur. La fiche de référence de service-public sur la suspension (F14836, vérifiée le 12 octobre 2026) précise que la rétention immédiate du permis au bord de la route (rétention) pour usage du téléphone s'applique lorsque le conducteur commet en même temps certaines autres infractions.
- Le préfet reçoit le procès-verbal de l'infraction et peut décider d'une suspension. Le conducteur a le droit de présenter ses observations dans le cadre d'une procédure contradictoire (procédure contradictoire). La décision est envoyée par courrier.
- Le conducteur doit remettre son permis à la préfecture. Selon la fiche F14836, refuser de le remettre, ou ne pas respecter la suspension, peut être puni d'une peine allant jusqu'à 2 ans d'emprisonnement et jusqu'à 4 500 € d'amende.
- Aucun aménagement. Une suspension administrative ne peut pas être aménagée, et il n'existe pas de « permis blanc » (un permis limité permettant de continuer à conduire pour aller travailler, par exemple).
Ensuite
Si la suspension a duré plus d'un mois, le permis n'est restitué qu'après un contrôle médical. Celui-ci coûte 36 € chez un médecin agréé (médecin agréé) ou 50 € devant la commission médicale (montants issus de la fiche F14836). Une suspension de 6 mois ou plus impose également un test psychotechnique avant le contrôle médical, pour environ 100 €. La demande se fait ensuite en ligne via l'ANTS.
La décision peut être contestée de deux façons : par un recours administratif auprès du préfet (recours administratif), ou par une action devant le tribunal administratif. Les délais sont indiqués dans la décision elle-même. Il est recommandé de les vérifier dès réception du courrier.
Ce qui est également interdit
Service-public rappelle aussi que les écouteurs, oreillettes, casques et tout dispositif porté à l'oreille sont interdits au volant depuis le 1er juillet 2015.
Pourquoi c'est important pour les nouveaux arrivants en France
Pour de nombreux résidents étrangers, la voiture est le moyen de se rendre au travail. Une suspension sans permis blanc peut signifier des mois sans voiture. Une erreur fréquente consiste à croire que, si l'agent n'a pas retiré le permis sur place, l'amende met fin à l'affaire. Avec la nouvelle pratique, un courrier de la préfecture peut arriver plus tard.
Les pages officielles ne précisent pas comment cette mesure s'applique aux permis étrangers. Les conducteurs titulaires d'un permis délivré par un autre pays qui reçoivent une décision de suspension peuvent demander à la préfecture qui l'a prise comment se déroule la procédure.
Sources : service-public.gouv.fr, actualité « Le téléphone au volant peut entraîner une suspension administrative du permis de conduire » du 8 octobre 2026, et fiche de référence F14836 « Suspension administrative du permis de conduire » (vérifiée le 12 octobre 2026). Publié sous Licence Ouverte Etalab 2.0. Information générale, et non conseil juridique.
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