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mis à jour le 27 octobre 2026lawsprotestsCAFbenefitsforeign residentsSenate

Le Sénat entame aujourd'hui l'examen du projet de loi « casseurs-payeurs » : responsabilité jusqu'à 10 000 €, retenues sur les prestations de la CAF et interdiction du territoire pour les étrangers. Ce que dit le texte, et pourquoi rien n'a encore changé

Les 27 et 28 octobre, le Sénat français examine un projet de loi sur la réparation des dommages causés lors de troubles. Ce que prévoit le texte de la commission, qui il concerne, et comment un projet devient loi en France.

Le Sénat entame aujourd'hui l'examen du projet de loi « casseurs-payeurs » : responsabilité jusqu'à 10 000 €, retenues sur les prestations de la CAF et interdiction du territoire pour les étrangers. Ce que dit le texte, et pourquoi rien n'a encore changé

Le mardi 27 octobre à 16 h 30, le Sénat français ouvre le débat en séance publique sur le projet de loi que la presse appelle « casseurs-payeurs » (« ceux qui cassent, paient »). Son intitulé officiel est projet de loi relatif à la réparation des dommages résultant de violences ou de dégradations commises dans l'espace public et au recouvrement des dommages et intérêts. Selon l'ordre du jour du Sénat, le débat se poursuit le mercredi 28 octobre.

L'essentiel : aucune règle n'a changé aujourd'hui. Le texte est en cours d'examen, et les sénateurs peuvent encore le modifier. Voici ce que dit actuellement le texte — la version adoptée par la commission des lois du Sénat le 21 octobre, celle qui est soumise à la séance.

Ce que prévoit le texte de la commission

Responsabilité civile jusqu'à 10 000 € (article 1). La responsabilité pour les dommages, « solidairement, jusqu'à 10 000 € » (solidairement), pourrait peser sur une personne qui :

  • a sciemment participé à un groupement du type visé à l'article 222-14-2 du code pénal — décrit lors des débats en commission comme un groupe formé pour casser, briser ou piller ; la responsabilité couvre les violences, vols et destructions commis par les membres du groupe au même moment et au même endroit ;
  • ou est volontairement restée dans un attroupement (attroupement) après les sommations de dispersion de la police (sommations), sachant que certains de ses membres commettaient à ce moment des violences, vols ou destructions ; cela ne couvre que les actes commis après les sommations.

La commission a ajouté une exonération : la personne qui est restée pour un motif légitime (motif légitime) n'est pas responsable. Les journalistes, les observateurs et les personnes protégeant leur propre commerce ont été cités en exemple lors du débat. Il a aussi été dit en commission que la simple présence à proximité ne suffit pas — il faut appartenir au groupe.

Retenues sur les prestations sociales (article 4). Le texte permet de recouvrer les dommages sur les allocations familiales, l'aide au logement (APL) et — ajouté par la commission — le RSA. Conditions : une décision de justice définitive est nécessaire, et le dommage doit résulter d'un crime ou d'un délit. Les autres retenues sont prioritaires. Le rapporteur a indiqué que les règles habituelles sur le minimum laissé à disposition (reste à vivre) sont préservées, le montant devant être fixé par décret.

Interdiction du territoire français pour les ressortissants étrangers (article 1 ter). Pour un ressortissant étranger ayant commis l'infraction en tant que majeur, le tribunal prononce une peine complémentaire — l'interdiction du territoire français (ITF) — pouvant aller jusqu'à 10 ans. Elle s'applique aux infractions graves énumérées dans le texte : certaines violences, vols et destructions. Le tribunal ne peut y renoncer que par une décision spécialement motivée, en tenant compte des circonstances, de la personnalité de l'auteur et de sa situation personnelle et familiale. Les protections existantes de l'article 131-30-2 du code pénal demeurent en vigueur selon le texte.

Le texte porte aussi la peine encourue pour la participation à un tel groupement d'un an d'emprisonnement et 15 000 € d'amende à trois ans et 45 000 €, et permet à la police, sur réquisition écrite du procureur, de filmer les manifestations avec des caméras embarquées sur des aéronefs.

Comment un projet devient loi

En France, chaque projet de loi est examiné successivement par les deux chambres : le Sénat et l'Assemblée nationale. Normalement, chacune procède à deux lectures avant qu'une commission mixte paritaire (commission mixte paritaire) de députés et de sénateurs puisse être convoquée. Pour ce texte, le gouvernement a engagé la procédure accélérée (procédure accélérée) le 16 septembre : la commission mixte paritaire peut être convoquée après une seule lecture dans chaque chambre. Ainsi, après le Sénat, le texte part à l'Assemblée nationale.

Une loi n'entre en vigueur qu'une fois définitivement adoptée et promulguée : la Constitution laisse au Président 15 jours à compter de la transmission au gouvernement du texte définitivement adopté. Lorsqu'un décret est nécessaire pour l'appliquer — comme pour le reste à vivre ici — cette partie attend aussi le décret.

Ce que cela signifie en pratique

  • Aucune prestation de la CAF ne peut être retenue sur la base de ce texte à l'heure actuelle : il n'y a pas de loi. Une lettre ou un SMS invoquant une « nouvelle loi » et réclamant de l'argent à propos d'une manifestation est une raison de se méfier et de vérifier dans son compte en ligne de la CAF.
  • Il faut regarder le texte final, pas la première version. La rédaction change souvent entre la commission, les deux chambres et la commission mixte paritaire. On peut suivre le texte dans le dossier du projet de loi sur senat.fr.
  • Les sommations de dispersion de la police sont un signal pour partir. Le texte lie la responsabilité précisément au fait de rester volontairement après les sommations. Partir immédiatement est une habitude simple qui aide dans toute manifestation.
  • Les enjeux sont plus élevés pour les ressortissants étrangers. Au-delà de l'argent, le texte prévoit une interdiction du territoire pouvant aller jusqu'à 10 ans pour un éventail d'infractions graves. Dans une procédure pénale, il vaut mieux examiner avec un avocat les conséquences sur le droit au séjour.

Nous suivrons le vote et indiquerons quand le texte sera adopté ou modifié.

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Le Sénat entame aujourd'hui l'examen du projet de loi « casseurs-payeurs » : responsabilité jusqu'à 10 000 €, retenues sur les prestations de la CAF et interdiction du territoire pour les étrangers. Ce que dit le texte, et pourquoi rien n'a encore changé